Devant l'église de Carantec, baignée par les embruns iodés d'une mer toute proche, une photo géante de Jean-Phi, tout sourire, devant un Kerampuilh archi comble. Une heure avant le carillon, à Carantec, une foule toute aussi impressionnante est également massée dans et devant l'église, en attendant celui qui a toujours donné le La mais qui n'est plus là. 
Jacquito et trois autres de ses potes de toujours, les voix tendues par l'émotion, nous parlent d'un Jean-Phi des 400 coups, l'espiègle gamin ouvrant tous les paquets de bonux à la recherche du cadeau, planquant son forfait au fond du jardin, pour être démasqué un beau jour de pluie, lorsque la lessive fait mousser les fleurs. Ce qu'ils pouvaient l'aimer leur Jean-Phi ! 
Toujours à l'écoute des autres, curieux de toutes les musiques, amoureux du Maroc, Jean-Phi avait cultivé un riche jardin personnel où toutes les variétés avaient leur place. Avec un coeur gros comme ça pour sa compagne Cécile, et ses enfants, Ariane, Marius et Léon. Lui qui avait tellement contribué à tracer le sillon des Charrues était toujours resté d'une humilité déconcertante, ne se sentant qu'un bénévole parmi les 5000 autres. C'est en quelque sorte, le résumé du très bel hommage de son frère Bernard. "Toi que j'appelais toujours petit frère, aujourd'hui, je veux te le dire, tu es un "grand" frère. Tu dois déjà être en train de préparer les Vieilles Charrues du Paradis." 
Hier, c'était au tour de ses amis de lui concocter une fameuse programmation. Jean-Christophe Spinosi et une partie de l'ensemble Matheus sont de la partie. Une chanteuse lyrique a empli l'église d'un Ave Maria très chaire de poule. Avant l'arrivée d'un jeune chanteur, guitare en bandoulière. "Je dis aime comme un emblème, la haine je la jette..." Matthieu Chédid a rendu hommage à son ami.
Les mots du curé de Carantec sonnent aussi très justes. Jean-Phi avait fait un cheminement spirituel pour se dépouiller de ce qui n'était pas nécessaire. Un esprit serein. Et c'est sous les applaudissements de la foule que le corps s'en est allé. Merci Jean-Phi.

(merci Delph pour cet article)

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